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Lorsque vous souffrez de dépression, votre vision erronée de la
réalité ne vous permet pas de faire face et votre volonté n’est pas
suffisante pour « vous en sortir », quoiqu’en pensent parfois vos
proches...
Pour une guérison complète, la seule solution est une prise en
charge ciblée, qui associe psychothérapie et traitement médicamenteux.
Le traitement médicamenteux
Les antidépresseurs constituent le traitement de fond. Ils restaurent progressivement la dynamique des neurotransmetteurs.
En début de traitement, ils sont souvent associés à des tranquillisants et/ou somnifères.
Les points clés des antidépresseurs
Les
effets des médicaments antidépresseurs sont rarement immédiats. Ils
régularisent d’abord le sommeil dans un délai d’environ 10 jours, puis
ils diminuent l’anxiété en une quinzaine de jours. L’efficacité sur la
dépression est plus tardive ; elle n’intervient qu’au bout de 4 à 6
semaines. Passé ce délai, 65 à 80% des patients répondent favorablement
au médicament.
Alors ne vous découragez pas, et gardez confiance, surtout en début de traitement!
Ensuite,
vous devez poursuivre les antidépresseurs plusieurs mois après la
disparition complète des symptômes (en moyenne 6 à 12 mois), afin
d’éviter tout risque de rechutes.
Une étude réalisée en 2003 par
l’Assurance Maladie de Champagne-Ardenne et de Lorraine a montré que
60% des patients interrompaient leur traitement prématurément.
Soyez donc vigilant sur la durée du traitement !
L’efficacité
du traitement dépend aussi de la dose administrée. En début de
traitement, la dose prescrite doit être optimale, de manière à
augmenter le taux de réponse du médicament. Un traitement sous-dosé
augmente le risque d’échec. Progressivement, le médecin adaptera la
posologie en fonction de l’amélioration de votre état.
Respectez donc impérativement les doses prescrites !
Enfin,
l’arrêt du traitement doit être progressif. Une interruption brutale
peut induire des signes cliniques de sevrage : vertiges, anxiété,
irritabilité, troubles du sommeil, état pseudo-grippal, sensations de
décharges électriques…
La réduction de la posologie doit s’effectuer sur plusieurs semaines ou mois selon l’ancienneté du traitement.
N’arrêtez jamais un antidépresseur brutalement.
Les tranquillisants et somnifères : en traitement d’appoint
Les
médicaments tranquillisants ou anxiolytiques permettent de calmer
l’anxiété en attendant que l’antidépresseur prenne le relais. Ils ne
seront administrés que sur une courte période, car à long terme, ils
peuvent induire une dépendance. Seul l’antidépresseur est le traitement
de fond de la dépression.
Les somnifères ou hypnotiques agissent
sur la durée du sommeil, mais pas sur son effet réparateur. Ils sont
utilisés en début du traitement, en attendant que l’antidépresseur
améliore la qualité du sommeil.
La psychothérapie : une solution contre les rechutes
La psychothérapie a prouvé son efficacité dans la prise en charge de la dépression.
Ainsi,
pour traiter la dépression des enfants, tout comme celle des
adolescents (hormis dans les cas de dépression majeure), seule la
psychothérapie est utilisée.
C’est une méthode efficace non
seulement dans la guérison, mais surtout dans la prévention des
récidives : On estime que 50 à 80 % des sujets ayant fait un épisode
dépressif dans leur vie font une rechute, dont 60 % dans les deux
années suivant le premier épisode. Eviter la rechute est donc un
objectif majeur.
Dans ce cadre, la psychothérapie apporte une
aide précieuse, car elle permet d’identifier les causes de la
dépression et de personnaliser le traitement, en favorisant le
dialogue, l’écoute de la souffrance. Elle aide aussi le malade à
analyser et comprendre son mode de fonctionnement, et donc à lutter
plus efficacement dans les moments difficiles.
De nombreuses
thérapies existent. Généralement, elles durent plusieurs mois à une
fréquence régulière définie par le thérapeute. Elles sont
personnalisées et varient d’une personne à l’autre. Les plus courantes
sont :
- les thérapies cognitives et comportementales (TCC)
- la psychothérapie de soutien.
Les TCC
consistent en un travail direct sur la plainte du patient. Elles
incluent des activités programmées, un travail sur le comportement
relationnel, la résolution de problèmes avec parfois des mises en
situation…
La psychothérapie de soutien permet au patient
dépressif d’expliciter sa souffrance, de cerner les causes de son
mal-être. Elle a aussi pour objectif de le conseiller et le soutenir
dans les décisions qu’il prendra au cours du suivi…
Qui consulter pour entreprendre une psychothérapie ?
Votre médecin généraliste peut vous conseiller et vous orienter vers un thérapeute diplômé.
Sachez qu’il existe plusieurs catégories de spécialistes :
- les
psychiatres sont des médecins titulaires d’une spécialisation en
psychiatrie. Ils sont les seuls à pouvoir prescrire des médicaments en
parallèle et leurs consultations sont remboursées.
- les
psychologues ont un diplôme universitaire en psychologie. Ils ciblent
souvent une population précise (enfants, personnes âgées, adultes…) et
développent des compétences spécifiques (orientation scolaire ou
professionnelle, alcoolisme, thérapie de couple…). Leurs consultations
sont prises en charge, à condition de se rendre dans un centre agréé
par la sécurité sociale (CMP) et de bénéficier d’une prescription
médicale.
Attention, les psychothérapeutes
n’ont pas de diplôme d’état reconnu et ne sont pas remboursés par la
sécurité sociale. Il en est de même pour les psychanalystes.
L’entourage : un rôle essentiel
L’aide
de l’entourage est précieuse à partir du moment où la dépression est
vraiment perçue comme une maladie. Pour comprendre la dépression, il
faut tenir compte de la souffrance vécue par le malade.
Veillez
surtout à ne pas renforcer le sentiment de culpabilité, déjà très vif
de la personne dépressive, pour ne pas aggraver la situation.
Evitez l’isolement du malade, et renforcez votre présence en l’entourant, en le conseillant et en le rassurant.
Se reprendre en main : une nécessité
Après
un épisode dépressif, il est nécessaire de se reprendre en charge pour
éviter une récidive : Vous devez rester combatif pour vaincre la
dépression !
La pratique d’activités extérieures est une solution efficace : clubs, ateliers, associations…
Une activité physique régulière hebdomadaire est également bénéfique dans la lutte contre la dépression.
En
conclusion, la dépression n’est pas une fatalité. Mais pour mieux la
vaincre, vous devez bénéficier d’une prise en charge globale, qui
prenne en compte l’environnement de la maladie. La psychothérapie,
associée au traitement antidépresseur, est donc indispensable au
processus de guérison.
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